4) L'histoire de la transmission de la Bible. De sa rédaction à nos jours.

Publié le par La Lettre d'Amour du Père

L'écriture
De nos jours, dans nos pays, la plupart des gens savent lire et ecrire.
Personne ne peut véritablement se passer de la langue écrite, et il en est ainsi depuis longtemps. Mais au cours des temps, diverses sortes de supports ont été employés.
Pour ce qui est des supports, nous sommes les témoins, depuis quelques années, d'une révolution qui nous a fait passer du papier au C D Rom, en passant par la bande perforée.
L'écriture était déjà connue du temps d'Abraham. Elle a d'abord été pictographique : des dessins figurent des objets et des actions, à la manière des idéogrammes chinois actuels. Dans cette écriture pictographique, un objet devant servir de signe était dessiné sous une forme simplifiée. En assemblant des figures isolées, on pouvait représenter même le déroulement d'actions ou des sujets abstraits. Mais ce procédé est compliqué, et devient un jour ou l'autre peu clair, car le nombre de figures croît à l'infini. Les plus anciennes écritures connues, soit le cunéiforme des Sumériens, ou les hiéroglyphes des Égyptiens, connurent ce problème.
Ces écritures pictographiques furent donc remplacées par des écritures syllabiques, comme le démotique égyptien, dans lesquelles on ne représente plus des objets, mais les syllabes du mot prononcé. Toutefois, le nombre de syllabes à connaître demeurait très grand. C'est seulement à une phase ultérieure de l'évolution de l'écriture que l'alphabet apparut.
Cette évolution eut lieu progressivement au cours du 2ème millénaire avant notre ère. Datées de 1500 ans av. J.-C. environ, des inscriptions dans un alphabet dit "protosinaïque", déchiffrable aujourd'hui par les érudits, ont été découvertes dans une mine du sud-ouest du Sinaï. N'était-ce pas précisément le lieu et l'époque où Moïse était formé à l'école de Dieu ? Ce fut l'alphabet dit "phénicien", apparu vers 1100 av. J.-C., qui se répandit dans le bassin méditerranéen oriental, et il parvint ainsi en Grèce. Après quelques transformations et ajouts (surtout des voyelles), il donna l'alphabet grec qui constitua plus tard la base de l'alphabet latin que nous utilisons encore aujourd'hui.
D'une manière merveilleuse, Dieu a ainsi pris soin qu'une écriture simple, mais sans équivoque, soit disponible au moment où la Bible commença d'être rédigée.
On ne saurait terminer ce sujet sans citer l'existence de bibles en écriture Braille, à l'intention des aveugles.
La Bible complète dans ce mode d'écriture tient en 41 volumes de dimensions 30 x 25 x 7 cm, pesant en tout 45 kg et constituant une pile de 2,90 m de hauteur.

 


Supports d'écriture
a) Le papyrus

À côté de la tablette d'argile, le papyrus était le matériau le plus répandu pour l'écriture dans l'Antiquité. Le tracé avec une plume et de l'encre sur un papyrus revenait plus cher que la gravure de signes dans l'argile humide, mais le résultat était plus durable, et le document plus facile à utiliser et à transporter. Les plantes de papyrus bordaient autrefois les rives du Nil, en taillis impénétrables. Les tiges à section triangulaire, d'une épaisseur de 6 cm environ, étaient coupées et dépouillées de leur écorce, puis on découpait la moelle en bandes longues et minces, que l'on plaçait côte à côte pour former une feuille. On disposait une deuxième couche perpendiculairement à la première. Après avoir imbibé le tout d'une colle faite de farine de froment, on pressait les feuilles et on les faisait sécher. Enfin, chaque feuille était frottée avec de l'huile de cèdre. Ce matériau se conservait si bien que, dans le climat sec de l'Égypte, il a survécu pendant des siècles jusqu'à notre époque. Jusqu'au VIIIe siècle, le papyrus fut utilisé comme support d'écriture.
b) Le parchemin
Le papyrus était une découverte des Égyptiens et ils en gardèrent le monopole, l'exportant à des prix élevés. Lorsque le roi Eumène II (198-158 av. J.-C.) de Pergame en Asie Mineure, voulut agrandir sa bibliothèque pour lui donner une importance mondiale, le roi d'Égypte essaya de l'arrêter en bloquant l'exportation de papyrus. Eumène dut alors inventer son propre support d'écriture, selon la tradition. En réalité, le parchemin était connu en Babylonie dès 195 av. J.-C., mais il ne s'imposa que vers le IVe siècle de notre ère. C'est ainsi que se développa en Asie Mineure le parchemin, appelé ainsi d'après la ville de Pergame. Ce matériau, le plus noble et peut-être le plus précieux de tous, était préparé à partir de peaux d'animaux traitées spécialement à l'eau de chaux (peaux de moutons ou de chèvres, puis, beaucoup plus tard, peaux de veaux appelées "vélin"). Comme sur le papyrus, on écrivait sur le parchemin avec de l'encre, mais ce dernier se conservait plus longtemps, et, grâce à sa résistance, on avait toujours la possibilité de le gratter et d'y écrire à nouveau par-dessus. Ainsi, une même feuille de parchemin pouvait être utilisée plusieurs fois. Malheureusement, c'est ce qui a été souvent pratiqué au Moyen Âge. Dans les monastères, les moines, souvent très pauvres, effaçaient leurs vieux manuscrits avec de la pierre ponce et du sable pour les réutiliser. Ensuite, ils y écrivaient ou peignaient maintes fois encore. Parfois même on en fabriquait des semelles de chaussures. Ce faisant, on a fréquemment détruit sans le savoir des documents irremplaçables. Des techniques modernes, comme la photographie à la lumière ultraviolette ou un procédé chimique, permettent, de nos jours, de faire apparaître un texte ancien, jamais complètement effacé, sur un parchemin réutilisé. De tels parchemins écrits plusieurs fois, appelés palimpsestes, comptent parmi les plus intéressants éléments qui soient parvenus dans les mains des érudits aujourd'hui. Outre ces matériaux d'écriture, on a aussi utilisé le cuir, beaucoup moins fin.
c) Le cuir
Le cuir, connu depuis des siècles, devait aussi être préparé à partir de peaux d'animaux. Le procédé était cependant moins coûteux et, à la différence du parchemin, la peau n'était pas traitée à l'eau de chaux, mais au tannin.
d) Le papier
Le papier, inventé au Ier siècle apr. J.-C. en Extrême-Orient, s'est imposé dans nos pays à partir du XIVe siècle.
e) Les supports modernes
Dès la parution de la bande magnétique, du CD Rom, ces supports ont été employés pour la diffusion de la Bible.


 

La Bible de Vercelas roi de bohéme (remarquable exemple de bible manuscrite illustrée)

Les monastères, centres spirituels au Moyen Âge
Dans la transmission de la Bible au Moyen Âge (env. 500-1500), c'est aux monastères que revient une place prépondérante. Ils furent à l'origine de nombreuses activités spirituelles qui leur assurèrent une position dominante.
En Europe, on ne disposait nulle part ailleurs d'un semblable potentiel de connaissances, d'érudition et de temps. Mais l'attention des moines se portait principalement sur l'Écriture Sainte. Elle fut recopiée avec zèle, mais aussi interprétée et commentée.
D'abord, ce furent les copies en onciales de la version des Septante, ou du Nouveau Testament grec ; ensuite, à mesure que la Bible en latin faisait son entrée dans les églises, on fit des copies de la Vulgate en latin.
À partir de l'époque de Charlemagne (768-814), on utilisa des petites lettres appelées minuscules.
Puis apparut l'usage de l'écriture cursive, une véritable écriture à main courante, où les lettres individuelles étaient rassemblées en mots par des traits de liaison.
De magnifiques psautiers, évangiles et livres de l'Apocalypse, enrichis d'illustrations vivantes et colorées, ainsi que de splendides ornementations, furent confectionnés.
Ces magnifiques ouvrages (si bien faits qu'ils semblent imprimés) témoignent de l'habileté des hommes qualifiés, de leur patience et d'un amour sans borne pour la Parole de Dieu.

Confection de nombreuses copies de la Bible
Plus tard, les copistes commencèrent à rationaliser le travail.
Un moine lisait le texte, et dix ou même vingt autres le mettaient par écrit. Il y avait donc alors de véritables "éditions en série" comptant parfois plus de vingt exemplaires de la Bible ou de livres bibliques isolés.
Mais une telle pratique comportait des inconvénients, car plus on écrivait vite, plus il se glissait d'erreurs.
Des erreurs de lecture, d'audition ou d'écriture réduisirent toujours plus la valeur des manuscrits, et entraînèrent avec le temps une confusion provenant de multiples divergences entre les différents textes ; la complète clarification allait en être réservée à notre époque seulement.
À la fin du Moyen Âge, annonçant la prochaine découverte de l'imprimerie, apparurent les livrets xylographiques : non seulement les illustrations, mais aussi le texte étaient gravés à l'envers dans des planches de bois, chaque planche se présentant comme l'image dans un miroir de la page reproduite.

 

 

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