1) L'histoire de la transmission de la Bible. De sa rédaction à nos jours.

Publié le par La Lettre d'Amour du Père

L'histoire de la transmission de la Bible. De sa rédaction à nos jours.


Dieu a écrit

Ce qui se passa à l'aube de ce jour, il y a environ 3500 ans, était certainement impressionnant pour chaque témoin de la scène : des éclairs jaillissaient, on entendait le grondement du tonnerre, toute la montagne du Sinaï fumait et tremblait fortement, et, de ses parois escarpées, résonnait un son de trompette retentissant sur la vaste plaine d'éboulis.
Dieu parlait à son peuple Israël, et son autorité se manifestait par de puissants phénomènes naturels (Exode 19, 16-18)*.
Au pied de la montagne se tenaient, tout tremblants, les Israélites, groupés en douze tribus. Qu'ils se sentaient petits, alors qu'ils venaient d'affirmer, peu auparavant : « Tout ce que l'Éternel a dit, nous le ferons ! » .
Dieu donnait maintenant sa réponse : « Je suis l'Éternel, ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, de la maison de servitude. Tu n'auras point d'autres dieux devant ma face » (Exode 20, 2,3). Tel était le premier de ces dix commandements que nous connaissons encore aujourd'hui.
Moïse, le conducteur des Israélites, se tenait sur le sommet de la montagne et c'est là qu'il reçut le texte de la Loi (écrit sur des tables de pierre), afin de le transmettre au peuple et lui expliquer comment mettre en pratique ces ordonnances divines.
La Bible certifie que Dieu lui-même écrivit ses commandements sur la pierre : « Et les tables étaient l'ouvrage de Dieu, et l'écriture était l'écriture de Dieu, gravée sur les tables » (Exode 32, 16).
Mais Dieu n'en est pas seulement l'Auteur. Il a également établi des règles précises pour la transmission et l'interprétation de ce texte. Les tables devaient être transportées dans un coffret spécialement fabriqué, l'arche de l'alliance. De plus, la lecture orale et la reproduction écrite de ces paroles divines étaient strictement réglementées.

*Les expressions du type : (Exode 19. 16-18) sont les réferences des citations des différents livres de la Bible. Ici, il faut lire : Livre de l'Exode, chapitre 19, versets 16 à 18.





L'histoire de la transcription des écrits de la Bible est unique par sa précision et son authenticité.

Ceci devrait nous amener à réfléchir :
      a) Le texte biblique a été conservé et transmis, par des milliers de personnes pieuses, sur des supports bien différents : la pierre, les tablettes d'argile, le papyrus, le parchemin, et, finalement, le papier. Les textes ont été gravés ou écrits à la main pendant plusieurs millénaires. La copie d'une partie des Saintes Écritures durait plusieurs mois et coûtait une fortune.
      b) Le désir, éprouvé par de nombreuses personnes, de posséder personnellement une bible dans leur langue maternelle, n'a pu commencer à devenir une réalité tangible pour certains qu'à partir de 1535, soit 85 ans après la naissance de l'imprimerie (1450). En effet, les premières bibles furent d'abord imprimées en latin, puis en grec, langues connues uniquement des ecclésiastiques et des lettrés. D'autre part, pendant bien des années, le prix d'achat était si élevé (plusieurs années de salaire) que seules des communautés religieuses ou des personnes aisées pouvaient en faire l'acquisition.
      c) Dans les pays où il était interdit de posséder ou de diffuser la Bible, des hommes ont souffert et ont même sacrifié leur vie pour " le Livre ". On en trouve de multiples exemples, aussi bien dans l'histoire ancienne qu'à notre époque.
D'où vient un tel attachement pour ce livre ?

  • Est-il dû à de l'exaltation religieuse, ou encore à de la naïveté et de l'ignorance ?
  • Ou bien la Bible est-elle vraiment un livre unique ?

Autrefois, les textes bibliques pouvaient-ils être conservés par écrit ?
On a souvent objecté que la transmission littérale et exacte de la Bible était impossible, du fait que les hommes des temps anciens ne disposaient encore d'aucune langue écrite. La transmission orale aurait été si imprécise que les faits et les mythes devraient obligatoirement s'être mêlés de façon inextricable. Jusqu'au début du XXe siècle, de nombreux spécialistes soutenaient que les hommes du temps d'Abraham (environ 2200 av. J.-C.) ne savaient pas encore écrire.
Or cette théorie a dû être révisée...


En réalité, les hommes écrivent depuis plus de cinq mille ans !


Des fouilles archéologiques, effectuées en Mésopotamie (région située sur les territoires actuels de la Syrie et de l'Irak) au XIXe siècle et poursuivies au XXe, ont mis au jour les inscriptions les plus anciennes qui nous aient été conservées. Vingt-deux mille de ces tablettes, datant de quatre mille ans environ, ont été retrouvées dans les ruines du palais du roi de Mari. Sur un autre site, dix-huit mille tablettes, constituant les archives de l'ancien royaume d'Ébla, ont été découvertes en 1975.
Elles datent de 2250 av. J.-C. et sont donc antérieures à l'époque d'Abraham.
Tout comme dans les tablettes de Mari, certaines appellations sont des noms bibliques connus, tels que Héber, Israël ou Abraham (mais sans qu'il s'agisse des personnages bibliques). Plusieurs villes de Palestine y sont aussi mentionnées : Asdod, Gaza, Jérusalem, Hatsor, Meguiddo, etc.
Indiquons que certaines formes d'écriture existaient déjà plus de trois mille ans avant notre ère, comme les cunéiformes mésopotamiens, ou les hiéroglyphes égyptiens.
Sans aucun doute possible, Moïse, le plus ancien écrivain biblique (1500 av. J.-C.), disposait de l'écriture pour consigner et transmettre ce que Dieu lui avait communiqué.





Manuscrits de l'Ancien Testament en hébreu

Il n'existe pas, à notre connaissance, de manuscrit complet de l'Ancien Testament hébreu qui ait plus de mille ans. Même les rouleaux de parchemin de Qumrân, beaucoup plus anciens que tous les autres écrits connus, sont incomplets : le livre d'Esther manque totalement et l'on ne trouve que des portions des autres livres, sauf celui d'Ésaïe qui est complet.
La plus importante collection de ces manuscrits bibliques se trouve à Saint-Pétersbourg (autrefois Leningrad). C'est là que figure le plus ancien manuscrit complet de l'Ancien Testament, le Codex Leningradensis (daté de 1008 apr. J.-C.). Il constitue toujours la base des éditions actuelles du texte original, tandis que les manuscrits de Qumrân ont permis certains éclaircissements dans des passages bibliques de traduction difficile. Il existe toutefois des fragments plus anciens du texte de l'Ancien Testament.
En 1890, de nombreux fragments, totalement oubliés et datant du VIe au VIIIe siècle de notre ère, ont été découverts dans la Gheniza d'une synagogue du Caire. La Gheniza (mot qui signifie: "Cachette") était une pièce où l'on conservait les manuscrits sacrés devenus impropres à une lecture aisée.
Le fragment de papyrus Nash (Ier ou IIe siècle de notre ère) fut mis au jour en 1902, en Égypte. Contenant les dix commandements et les versets de Deutéronome 6, 4,5, il demeura le plus ancien fragment connu jusqu'à la découverte des manuscrits de la mer Morte.



   
 
Le papyrus Nash
 


Manuscrits du Nouveau Testament en grec

L'apparition de l'imprimerie ne supprima pas immédiatement les copistes, on s'en doute. Ceux-ci, parvenus au faîte de leur art, continuèrent leurs patients travaux, aidés en cela par l'habitude de l'époque d'enluminer richement les ouvrages. Mais au début du XVIe siècle, lorsque l'imprimerie fut suffisamment développée et que les coûts de production des livres baissèrent d'une façon significative par la simplification de leur présentation générale, les copistes disparurent.
Il est alors aisé de comprendre que tous ces siècles de labeur intense aient pu nous léguer le total considérable de cinq mille trois cents manuscrits et portions, en grec, c'est-à-dire dans la langue même des originaux (qui, s'ils existent encore, n'ont pas été retrouvés).
Le Nouveau Testament a d'abord été écrit uniquement en lettres onciales, c'est-à-dire en majuscules, sans espace entre les mots ni ponctuation.
Le texte de l'évangile de Jean (3, 16) rédigé de cette manière (sauf qu'il s'agit de grec et non de français), va nous en donner un exemple:
CARDIEUATANTAIMELEMON
DEQUILADONNESONFILSUNI
QUEAFINQUEQUICONQUECR
OITENLUINEPERISSEPASMAIS
QUILAITLAVIEETERNELLE

Il est remarquable que les quatre-vingt-cinq portions sur papyrus conservées (allant du début du IIe au VIIIe siècle) représentent, pour la plupart, le résultat de découvertes faites au XXe siècle seulement.
Jusqu'à aujourd'hui, le fragment le plus ancien que l'on connaît est le P 52, datant de l'an 125 de notre ère; c'est le papyrus John Ryland, contenant des parties du texte de l'évangile de Jean (18, 31 au recto et 18, 37,38 au verso).
Du fait de la fragilité du support, aucun de ces précieux manuscrits sur papyrus ne contient le Nouveau Testament en entier).
Ils comprennent surtout les évangiles, puis, dans une moindre mesure, les Actes des Apôtres, les épîtres de Paul, les épîtres générales, c'est-à-dire celles qui ne sont pas adressées aux croyants d'une localité particulière, et enfin l'Apocalypse.
Les manuscrits les plus connus du Nouveau Testament sont les deux cent soixante-quatorze documents écrits en lettres onciales. Ces parchemins ont tous été réalisés entre le IVe et le Xe siècle. Parmi eux se trouvent les plus anciennes bibles au monde presque complètes, entièrement en grec*.
Citons les trois plus célèbres codex (nom donné à tout manuscrit dont les feuilles sont reliées ensemble, comme un livre).

  • Tout d'abord, le Codex Sinaïticus (IVe siècle), déposé au British Museum de Londres. Il s'agit d'une bible assez complète (une partie importante de l'Ancien Testament est toutefois manquante ), découverte en 1844 et 1859 par le savant Constantin von Tischendorf, lors des séjours qu'il fit au monastère Sainte Catherine, dans la péninsule du Sinaï.
  • Ensuite, toujours au British Museum, le Codex Alexandrinus (Ve siècle), qui contient le texte biblique presque complet.
  • Enfin, la bibliothèque vaticane, à Rome, possède un superbe document du IVe siècle, le Codex Vaticanus.

Le groupe le plus nombreux de manuscrits du Nouveau Testament grec (environ deux mille sept cents) est représenté par ceux écrits en lettres cursives, des minuscules liées entre elles dans un même mot. Ils sont plus récents que les précédents (IXe au XVe siècle). Ils font partie du groupe de textes dit " byzantin ".

Carte montrant quelques lieux importants de découverte de parchemins et de papyrus bibliques

Un autre groupe de manuscrits grecs est constitué par les quelque deux mille deux cents "lectionnaires".
Ce sont des livres qui contiennent différents textes du Nouveau Testament (" Péricopes " ou fragments) dans l'ordre dans lequel, depuis le IVe siècle, sur ordonnance de l'Église, ils devaient être lus au cours d'une année dans les services religieux.
Il ne s'agit donc pas de manuscrits bibliques au vrai sens du terme ; mais pourtant, ces lectionnaires sont précieux comme témoins pour beaucoup de passages du texte grec. On a aussi retrouvé un nombre considérable de poteries comportant des gravures de textes bibliques, qui constituent une source de vérifications possibles.
De plus, il existe beaucoup d'anciennes traductions en syriaque, en copte et en latin (en particulier la Vulgate du Père de l'Église, Jérôme).
Le désir des chrétiens de posséder le plus possible de livres du Nouveau Testament, et la propagation rapide de la foi chrétienne en Asie et en Europe ont été à l'origine d'un grand nombre de copies et de traductions. De ce fait, le texte du Nouveau Testament a été transmis de façon sûre.
L'abondance des manuscrits et fragments (environ cinq mille trois cents) du Nouveau Testament, auxquels s'ajoutent quelque neuf mille anciennes traductions d'après les écrits originaux, ainsi que trente-six mille citations bibliques des Pères de l'Église a conduit, grâce à des recherches intensives, à l'établissement et à la confirmation du texte original avec une fiabilité quasiment parfaite.


Aucune variante de texte ne met en doute la véracité du message de Dieu dans le Nouveau Testament.

 
 
 
Une page du Codex Vaticanus
 

 

 

*Plus précisement en koïné, langue "commune" des Grecs intégrant divers dialectes et utilisée au début de l'ére chrétienne pour communiquer dans l'Empire romain.

 

Publié dans LA BIBLE

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